La tournée Black Holes And Revelations, entamée il ya près de2 ans, va se terminer en douceur avec quelques dates en 2008- hélas pas en France. Muse livrera le 17 mars dans le CD / DVD Haarp un témoignage monumental d'un des moments les plus forts, les concerts des 16 et 17juin 2007 à Wembley. RecevantRockMag dans une suite d'un hôtel londonien du quartier branché à Camden, Dominic Howard et Matthew Bellamy nous présentent la bête.
Entre le livret de Black Holes And Revelation, la scène de la tournée et maintenant le titre DVD, on aura vu le sytème Haarp partout chez Muse. Pourquoi vous attire-t-il tant ?
Matthew Bellamy : Nikola Tesla (physicien croato-américain mort en 1943) était obsédé par l'idée de faire de l'électricité un utilisant l'ionosphère comme moyen de transmission sans fil. Mais ses brevets ont tous été racheté par les Américains et on ne sait pas ce qu'une telle technologie aurait apporté si le monde y avait eu accès. Les Américains ont contruit le centre Haarp en Alaska et les Russes en ont crée un de leur côté. personne ne sait vraiment à quoi ils leur servent. Le potentiel de cette technologie est énorme, il peut affecter la météo, envoyer de l'électricité n'importe où, brouiller les communications... Nous avons adopté ce concept parce que j'aime cette idée de mystère autour de moyens de communication faisant appel à l'électronique. Nous avons essayé de traduire cela dans la conception de la scène de notre tournée, en la basant sur ces formes en croix du Christ. Au début, nous voulions exactement la même configuration que le Haarp original, avecdes câbles courant d'antenne en antenne, maispour des raisons techniques, nous nous en sommes tenus à cescroix. Notre scène formait uneespèce d'Haarpdu peuple, à l'opposé du complexe privé, aveclaquelle nous souhaitions transmettre le plusd'énergie possible.
La sortie d'Haarp a été repoussée à plusieurs reprises...
Dominic Howard : Nous avons été très perfectionnistes sur le montage, et cela nous a pris beaucoup de temps. A l'origine, nous pensions que tout serait bouclé pour Noël, mais c'était avant de s'embarquer en tournée toute l'année, et comme nous ne voulions pas déléguer letravail... celadit, j'avoue que l'appel des australiennes pendant la pause estivale ne fut pas étrange à ce retard...
Qui a fait la pochette ? Dominic : Ben, un designer qui se charge déjà de certaines parties de notre site Internet. Le DVD a donc quelques connexions avec le site, comme nous le souhaitions. La pochette est inspirée des affiches de films des années 60 de Robert McGinnis, qui réussissait à fusionner tous les aspects de l'action dans une seule image. Nous avons cherché à recréer cette fusion dans une sorte d'explosion visuelle. Les menus reprennent également ce thème, mais en l'animant.
D'où est venue l'idée de poster ces vidéos sur he-3.mu
(Matt prend le sticker de pete Doherty, le colle sur son doigt et fait répondre à sa " marionnette ") : Nous voulions rappeler à tout le monde que notre DVD va sortir, qu'il est beau et qu'il faut l'acheter (rires) !
Au début, le DVD devait illustrer toute la tournée, pourquoi ce revirement ?
Dominic : Nous étions partis sur une rétrospective chronologique de l'ensemble de la tournée, mais Wembley a volé la vedette. Si nous étions restés sur notre idée de départ, nous n'aurions pas pu nous étaler sur ces concerts comme nous le faisons ici. Mais il nous reste beaucoup de vidéos de la tournée, pour plus tard.
Pourquoi mettre si peu de bonus ? Matt : A l'inverse d'Hullabaloo, nous souhaitons laisser parler le live de lui-même sur Haarp. Un jour, nous ferons un vraidocumentaire qui se retournera sur toute l'histoire du groupe. Nous nous gardons des choses pour ce moment-là. Pour l'instant, il n'y aura pas d'autre DVD.
Pourquoi ne pas laisser l'intégralité des 2 concerts sur le DVD et le CD ?
Matt : Il y a toujours 1 ou 2 morceaux qui ne sont pas très bons. On fait des pains, leson n'est pas génial... cela nous a menés à en enlever certains, en ne gardant que nos préférés. Le CD, qui reprend le concert du samedi,est plus intense, alors que l'atmosphère du concert du dimanche est plus relax, ce qui passe mieux en vidéo.
Quels sont vos titre préférés ?
Matt : Sur le CD, c'estKnights Of Cydonia. C'est une version très stressée, sur laquelle on peut entendre une grande tension et une étrange excitation. On est tous nerveux, et d'un coup, on se lâche. C'est le moment crucial dans lequel on brise la glace. Dominic : Exactement, Knights Of Cydonia est un moment super excitant, pour nous comme pour le public.
Matt : Sur le DVD, c'est plutôt Blackout, qui est un moment magique, grâce aux acrobates qui dansaient en l'air sour des ballons. L'attention du public se reporte sur eux sur tout le morceau.
Dominic : C'est un des rares moments pendant lesquels nous avons pu nous relaxer et voir ce qui se passait dans le stade, sans être le centre de l'attention. Mais franchement le reste est également très bon. Ces 2 soirs-là, en sortant de scène, nous étions en transe. Il nous a fallu des semaines pour nous en remettre.
Y a-t-il des bonus cachés ? Dominic : Oui. Mais pas grand-chose, et pas compliqué à trouver.
Quelle est la différence entre les 2 éditions ?
Dominic: Le collector vient dans une belle boîte avec plusieurs éléments graphiques et des cartes postales. L'autre est juste standard. Si ça ne tenait qu'àmoi, on ne l'aurait même pas sortie, mais le label voulait uneversion simplifiée. Personnellement, je préfère la boîte, elle est plus belle.
Un single?
Dominic : Non.
On parle decontenus exclusifs en ligne... Matt : Il y aura des chansonsen plus, dont Feeling Good, et les gens pourront téléchargerla vidéo pour la lire sur leur iPod, sans avoir à la convertir eux-mêmes.
A part Wembley, quel est votre meilleur souvenir live de ces 2 années de tournée ?
Matt : En2006, nous avons joué Starlight dans un stadejaponais. C'était dans un festival. Le sentiment que nous avions en sortantde scène, cetteappréhension du stade, cette réponse du public nous ont confortés dans l'idée de tenter Wembley l'année suivante. Il y aeu également un concert à Belgrade où nous nepouvions pas jouer avec tout notre décor, juste les instruments. Cela m'a rappelé comment on se sent sur scène sans toutes ces floritures. C'était très intense, brut, la foule était dingue.
Et le pire ?
Matt : A Nantes en décembre 2006. Chris est tombé malade juste avant le concert et a commencé à paniquer. Nous étions au milieu d'une intense série de concert et il s'est pris un violent retour de flamme. Il pensait ne pas pouvoir jouer et, derrière la porte, 6 000 personnes commençaient à s'impatienter ! C'était désespéré. Il est quand même monté sur scène, il a joué quelques titres, et à la fin ça allait mieux, même si nous avons dû couper court. Ce genre de situation, quand la pression de devoir jouer est là, c'est juste horrible. Dominic : Pour moi, cela reste l'intoxication alimentaire de l'équipe sur la tournée avec My Chemical Romance. 30 personens ont été malades, notre tour manager a passé 8 jours à l'hosto. Quelle est la chose la plus dingue que vous avez faite ?
Matt Euh... et qu'on puisse raconter en interview surtout (rires) ! Aux Etats-Unis, nous avons essayé de devenir desKnights Of Cydonia. Après quelques bières, nous avons loué des chevaux pour partir la journée entière dans les montagnes, avec des chapeau de cowboys et tout. Pendantquelques jours,nous avons toutoublié. A Vegas, nous avons fait quelques soirées extravergantes. J'ai des flashback récurrents à la basede jacuzzis quime viennent ; rien de très graveleux, mais jene veux absolument pas en parler (rires) ! A part ça, sur cette tournée nous avons été plus calmes.
Dominic : En Asie, nous étions suivis partout. Nous n'avions jamaisvécu ça auparavant. Cette tournée asiatique était super, nous avons pu prendre un peu de vacances, faire du tourisme et vivre de drôles d'expériences. ADjakarta, nousnous sommes perdus dans un barmal famé, on nous a presque tiré dessus... glauque. En Thaïlande, nous avons pu nous poser quelque temps dans une maisonau bord de la mer, c'était le pied. Ah, et en Australie nousavons fait de laplongée dans la Grande Barrière de corail, aussi.
Votre plus grosse engueulade ?
Matt: Sûrement vers la fin 2006. Comme je t'ai dit, la tournée était vraiment intense, nous ne vivions que la nuit. Avec la fatigue, le manque de sommeil et de nourriture saine, nous avions du mal à cohabiter. La pause de Noël fut salutaire. En revanche la tournée de 2007 nous a permis de nous relaxer, car nous avons suivi le soleil tout autour de la Terre. 365 jours d'été, ça nous boosté le moral ! Le fan que vous n'oublierez pas ? Matt : Lors d'un meet & greet en Russie, une responsable du fan club m'a offert un énorme télescope. Ca m'a réellement touché parce que c'était quelque chose dont j'avais toujours rêvé, elle s'était vraiment creuser la tête pour trouver cetet idée de cadeau. Je m'en sers presque tous les jours. Les Russes sont très gentils avec nous. Ils me rapellent les Français à l'époque des 2 premiers albums. Dominic : En France, je me souviens d'un mec qui a slammé jusqu'au pied de la scène dans un costume de Spider-Man bien plus beau que lemien. j'ai envoyé des gens le choper à la sortie pour lui demander où il l'avait eu pour queje puisse acheter le même, mais il a eu peur,il s'est enfuien disant qu'il l'avait fait lui-même. Si çase trouve, c'était le vrai Spider-Man !.